Un salarié à temps partiel pour souffler un peu

De gauche à droite : Stéphane Charon, directeur de Finistère remplacement et de Partag’emploi, Mickaël Gourmelon, salarié Partag’emploi, et Patrice Quéméneur, agriculteur au bourg de Guipronvel

Seul sur son exploitation, Patrice Quéméneur était débordé. Grâce à Partag’emploi, voila trois ans que Mickaël vient l’épauler un jour par semaine. Un vrai soulagement !

« Ca faisait un moment que j’y réfléchissais ». Si Patrice Quéméneur s’entraide avec son frère, installé à proximité, et peut compter sur un coup de main de son père au moment des pointes de travail, se retrouver seul au quotidien sur l’exploitation commence à lui peser. Avec 38 ha de SAU et une cinquantaine de laitières, pas question d’embaucher à plein temps pour faire face à la surcharge de travail : c’est d’un appoint de main d’œuvre dont il a besoin.

Un jour par semaine 

Faisant régulièrement appel à « Finistère remplacement » au moment des congés, c’est tout naturellement qu’il se tourne vers Partag’emploi il y a trois ans. « Et depuis, Mickaël vient tous les jeudis, explique le producteur de lait, visiblement soulagé. J’apprécie la différence ». Désormais, c’est aussi le jeune homme qui assure le remplacement le week-end et durant les vacances. « Je peux partir serein, pratiquement sans avoir de consignes à transmettre : il connaît bien l’exploitation ».

Pas de routine

Un temps salarié à Finistère remplacement, Mickaël Gourmelon a profité d’une opportunité pour travailler à Partag’emploi. « J’avais envie d’un peu plus de stabilité. Mais sans trop de routine ». Ce que lui apporte le fonctionnement du groupement d’employeurs, puisqu’il partage son temps entre trois exploitations laitières, à quelques kilomètres de distance. « Chacun a ses façons de faire. Et j’apprends plein de choses ».

Si, en théorie, le jeudi est réservé à Patrice, l’organisation du travail est relativement souple. « En cas de gros chantier, on peut décaler, tout comme quand l’un d’entre nous part en vacances ». Si deux réunions d’îlots sont prévues tous les ans pour faire le planning, c’est Mickaël qui fait le lien en cas d’imprévu.

Du temps et de l’argent

Si Patrice apprécie de partager le travail, ce n’est pas là le seul gain que lui apporte la formule. S’il avait calculé avec son comptable la somme à affecter à l’emploi d’un salarié un jour par semaine, force lui a été de constater que, l’année suivante, son revenu n’avait pas diminué d’autant. « De la main d’œuvre supplémentaire me permet de faire le travail en temps et en heure, estime l’éleveur. J’ai aussi plus de temps à consacrer au troupeau. Et les résultats s’en ressentent ». D’autant que Mickaël apporte lui aussi sa pierre à l’édifice. « Et j’applique chez moi les bonnes idées qu’il a piochées chez ses autres employeurs ». 
Parmi les avantages, Patrice cite aussi l’absence de formalités administratives liées à l’embauche, déléguées à Partag’emploi. « Certes, je paie la prestation. Mais des paperasses, j’en remplis déjà suffisamment ! »

Formations

« Partag’emploi permet d’embaucher un salarié à temps partiel, quelques jours par mois », détaille Stéphane Charon, son directeur. Dans un contexte où la main d’œuvre se fait rare, la formule a déjà séduit 70 agriculteurs, producteurs de lait, de porc, aviculteurs… et même une Cuma. Réunis par îlots de 2 à 4, ils emploient 28 salariés, qui bénéficient de l’appui de la structure pour continuer à progresser. « En fonction de nos besoins et de ceux des agriculteurs chez qui on travaille, on nous propose régulièrement des formations, détaille Mickaël Gourmelon. J’ai déjà passé mes Caces, suivi une formation sur les soins aux bovins avec un véto, sur la sécurité lors de la contention des animaux avec la MSA ». « Et pourquoi ne pas imaginer des formations soudure, pour que les salariés puissent ensuite assurer la maintenance, rajoute Stéphane Charon. Nous voulons fidéliser des salariés polyvalents et faire évoluer leurs compétences ».


Source : Terra – Un salarié à temps partiel pour souffler un peu